Les anticorps sont des outils extrêmement puissants de par leur spécificité et leur simplicité d’utilisation. Utilisés aussi bien pour la recherche, la purification, le diagnostic en santé humaine et animale, la détection et l’analyse de molécules, et depuis quelques années, comme outils thérapeutiques, les anticorps sont des outils essentiels.
Ainsi, des dizaines de milliers d’anticorps ont été développés contre toutes sortes d’antigènes.
Néanmoins, certains antigènes sont de nature peu immunogène (molécule de petite taille, protéine endogène, protéine présentant de fortes homologies avec des protéines de l’hôte,…), il est alors difficile de générer une réponse immune et des anticorps. Diverses stratégies sont couramment utilisées pour contourner le manque d’immunogénicité : utilisation de stratégies d’immunisation sophistiquées ou développement de banques d’anticorps recombinants. Ensuite, il n’est pas acquis que l’anticorps obtenu, bien que spécifique de l’antigène, reconnaisse spécifiquement la protéine choisie.
Confrontés à ces difficultés sur des antigènes traditionnellement problématiques, le Dr Krejci et son équipe du Centre d’Etude de la Sensori-Motricité (CESeM), Université Paris Descartes – CNRS UMR8194, Paris, France, ont souhaité développer une stratégie qui puisse être une alternative aux méthodes classiques.
Les biothérapies, et plus particulièrement les anticorps monoclonaux thérapeutiques, occupent une place de plus en plus importante dans le traitement des cancers. Depuis maintenant plus de 10 ans, quelques anticorps monoclonaux, seuls ou associés à d'autres thérapies (chimiothérapie, radiothérapie), ont montré une activité anti-cancer, et leur capacité à augmenter la durée de vie de patients présentant des tumeurs hématologiques ou des tumeurs solides. Le Rituximab dans l'amélioration de la survie des patients atteints de lymphomes, le trastuzumab dans le traitement des carcinomes mammaires HER-2neu positifs, et le bévacizumab dans le traitement du cancer colorectal, du cancer bronchique, de l'hypernéphrome et du carcinome du sein, en sont quelques exemples.