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A la rencontre du Pr Alberto Roseto

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Alberto Roseto

Chercheur et médecin, le Professeur Alberto Roseto a joué, et continue de jouer, un rôle prépondérant dans l’histoire des anticorps monoclonaux. Depuis avril 2007, il collabore étroitement avec P.A.R.I.S en apportant son expertise dans plusieurs projets de R&D.

Il nous en dit un peu plus sur lui dans ce petit entretien…

 

 

Professeur ROSETO, vous êtes aujourd’hui mondialement reconnu pour vos travaux de recherche sur le développement d’anticorps monoclonaux, d’abord dans le domaine des virus puis du cancer. Quelle est votre formation initiale ?

Je suis Pédiatre de formation, spécialiste des maladies infectieuses et de virologie fondamentale et appliquée. J’ai effectué mon internat en pédiatrie à l’Hôpital Prof. A.POSADAS de Buenos Aires en Argentine. C’est à cette période, en 1975, que je découvre le rotavirus, virus de la gastro-entérite infantile (la même découverte a été faite par Boyd en Australie et Kapikian aux Etats-unis). Cette découverte m’a valu d’être invité en 1976 par l’Institut Pasteur de Paris. J’ai alors eu l’honneur de travailler avec Gérard Orth et le Pr. Luc Montagnier, dans le service de Virologie.
En 1979, j’ai mis en évidence l’ultrastructure moléculaire du rotavirus, avec une technique qui sera utilisée par la suite pour découvrir d’autres virus. Cette même année, j’ai signalé pour la première fois en France la présence du rotavirus chez les nouveaux-nés puis chez le chien.


Comment avez-vous acquis cette expertise dans le domaine des anticorps monoclonaux ?
En 1978, j’ai eu la chance de travailler avec César MILSTEIN, inventeur de la technologie des anticorps monoclonaux. C’est lui qui m’a formé à la technique des hybridomes. De retour d’Angleterre avec cette technologie, j’ai travaillé dans le service du Pr. Boiron et du Pr. Peries (tous deux élèves du Pr. J.Bernard) à l’Hôpital Saint Louis (Paris). J’ai également été sollicité par de nombreux laboratoires. Les travaux de recherche portaient essentiellement sur des virus liés aux cancers et des pathologies infectieuses infantiles.
Au début des années 80, j’ai ainsi réalisé les premiers anticorps monoclonaux contre le rotavirus et le coronavirus avec les groupes de Jean Cohen et Jean-François Vautherot (INRA). Puis, j’ai conçu avec le Professeur Gérard Orth, le premier anticorps monoclonal contre le Papilloma virus humain.
En 1985, j’ai gagné le concours avec jury international pour le poste de Professeur titulaire de la Chaire de Microbiologie de la Faculté de Médecine de la UBA(Université de Buenos Aires). Malgré mon envie de retourner au pays, je suis resté en France pour continuer mes recherches.
En 1987, l’Université de Technologie de Compiègne me contacte pour monter un service que j’ai nommé Division d'Immuno-Cytologie Appliquée (DICA). J’y ai alors transféré la technologie des hybridomes. Nous utilisions comme modèles expérimentaux les cancers humains, et particulièrement les cancers du sein. Nous avons ainsi développé plusieurs anticorps monoclonaux. A la même époque, je suis sollicité par plusieurs sociétés privées, notamment Biosys, Argène et Clonatech. Nos collaborations ont débouché sur la commercialisation, sous licence CNRS - INSERM, de plusieurs anticorps monoclonaux contre des maladies infectieuses. Actuellement, 2 des 4 anticorps réalisés pour le cancer du sang sont en phase préclinique ou en phase II clinique.


Quelles sont les réalisations dont vous êtes le plus fier dans ce domaine ?
Je dirais :

  • La découverte du rotavirus
  • La mise en évidence de l’ultrastructure moléculaire du rotavirus
  • La mise en évidence de l’ultrastructure moléculaire du coronavirus
  • La réalisation des premiers anticorps monoclonaux contre le rotavirus, et contre le papilloma virus humain
  • La réalisation du premier anticorps monoclonal avec une activité enzymatique (abzyme)
  • L’invention avec Jean Kadouche d’une plateforme robotique pour la fabrication à grande échelle de cellules sécrétant des anticorps monoclonaux.
  • La découverte du mécanisme de l’apoptose chez les protistes amitochondriaux.
Propos recueillis par Laetitia MENDES