


Le Docteur Fay Betsou et la Biobanque de Picardie
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La Biobanque de Picardie a compris depuis bien longtemps la nécessité de garantir la qualité et la traçabilité des échantillons biologiques pour assurer le développement des biotechnologies et constitue aujourd'hui l'un des plus grand centre de ressources biologiques au monde.
Le Docteur Fay Betsou, membre du conseil scientifique et pilier de la Biobanque de Picardie, nous présente l'association, son action et ses projets…
Laetitia Mendes : Docteur Betsou, pourriez-vous nous présenter la Biobanque de Picardie ?Fay Betsou : La Biobanque de Picardie est un CRB – Centre de Ressources Biologiques – à visée de recherche qui a une histoire longue de maintenant 18 ans. Elle a commencé en tant qu'émanation du laboratoire départementale d'analyses médicales de la Somme, avec dès le départ un soutien du Conseil Général de la Somme, et du Conseil Régional de Picardie.
Depuis 2001, la Biobanque dispose du statut Association Loi 1901 avec un personnel et des locaux dédiés.
Ses principales activités sont le stockage d'échantillons biologiques (activité en régie direct par le CHU d'Amiens), la valorisation des échantillons à travers des cessions à des laboratoires publiques ou privés et la R&D (avec les équipes du CHU d'Amiens ou avec des partenaires industriels). Nos clients sont de deux types. D’une part les dépositaires d'échantillons (Hôpitaux, laboratoires publics, laboratoires privés, industriels,…) ; nous sommes notamment en contrat avec
l'OMS et l'Institut de veille sanitaire. D’autre part, les utilisateurs d'échantillons (industriels du diagnostic, de la pharmaceutique,…), qui viennent nous voir afin d'obtenir du matériel biologique de qualité pour l'identification et la validation de marqueurs.
La Biobanque, c'est également une équipe de 6 personnes composée d'un biologiste, un agent CRB, deux techniciens, une secrétaire et moi-même.

LM : P.A.R.I.S et la Biobanque de Picardie sont partenaires depuis bientôt 3 ans. Comment est né ce partenariat et quel est son objectif ?
F.Betsou : La première fois que j'ai rencontré P.A.R.I.S, c'était au salon Eurobio 2003 à Lille sur le stand régional de la Picardie. J'ai par la suite été contactée par Amélie Rafael qui m'a proposé de monter un partenariat pour stocker des lignées cellulaires de manière sécurisée.
En effet, P.A.R.I.S développe pour ses clients des hybridomes qui, lorsqu'ils aboutissent à la production d'anticorps monoclonaux d'intérêt, sont précieux.
La conservation de ces lignées et de leurs propriétés est très souvent un processus critique pour les propriétaires. L'objectif de ce partenariat est donc d'assurer un stockage et une gestion sécurisés de ces cellules avec dédoublement des sites de sauvegarde.
Après 3 ans de partenariat, on constate que le bilan est positif pour les trois parties, P.A.R.I.S, la Biobanque et surtout le client.
LM : Comment s'annonce l'avenir pour la Biobanque ? Quels sont vos projets pour le futur ?
F.Betsou : L'avenir s'annonce positif !
En effet, la Biobanque de Picardie bénéficie du soutien de la Région et des collectivités territoriales et évolue dans un contexte européen et international
très favorable. Il y a ces dernières années une prise de conscience de l'importance des biobanques. Des projets européens et des normes spécifiques sont mis en place. C'est un domaine qui en réalité démarre ; et par son système qualité et son expérience longue de 18 ans, la Biobanque de Picardie possède une avance certaine.
Concernant nos projets pour le futur, nous continuons à développer des partenariats avec l'extérieur, et nous avons lancé beaucoup de projets en interne : l'obtention de l'accréditation ISO 17025 (mise en place de méthodes pour le contrôle qualité de nos échantillons), la création d'un axe de
recherche interne sur la qualité des différents types d'échantilllons (biospecimen research), la création d'un diplôme universitaire de "biobanking" adressé à toutes les personnes qui gravitent autour des biobanques (thèmes abordés : cryopréservation, assurance qualité, contexte légal, éthique).
LM : Parlons de vous ! Quel a été votre parcours avant d'occuper ces fonctions ? Quelle est votre mission à la Biobanque ?
F.Betsou : Avant d'arriver ici, j'ai travaillé pendant 6 ans à l'Institut Pasteur où j'ai effectué une thèse en microbiologie moléculaire. Avant que la Biobanque n'obtienne le statut associatif, je travaillais sur les projets R&D avec l'industrie.
Je suis aujourd’hui le gestionnaire technique du CRB. Mon travail consiste entre autre à établir les accords de stockage et gérer toutes les démarches administratives. En tant que Responsable Qualité, j'ai également pour mission de tenir à jour, faire vivre et améliorer notre Système Qualité. Cette mission est d'autant plus importante que le concept de biobanque est assez nouveau. Au niveau réglementaire, les choses sont encore en train de se mettre en place ; des nouveautés techniques et éthiques sortent pratiquement tous les jours. Il est important pour nous de pouvoir les intégrer rapidement à notre système. D'ailleurs, j'ai eu l'honneur d'être élue début mai au Conseil d'Administration de l'ISBER (International Society for Biologicaland environmental Repositories), qui est la place principale internationale de discussion et de réflexion sur les problématiques des biobanques (aspects techniques, légaux, éthiques et managériaux).
Pour finir, je gère les activités de R&D en coordonnant la partie "Laboratoire" des projets auxquels participe la Biobanque.
Nous travaillons en partenariat avec des médecins pour des projets de recherche clinique, mais également avec des sociétés privées. Par exemple, nous avons mis au point avec des industriels du diagnostic une trousse de diagnostic sérologique par PCR des infections à Chlamydia qui est aujourd'hui commercialisée. Actuellement, nous travaillons avec une équipe de gynécologues sur la mise au point d'un kit de diagnostic par biologie moléculaire pour la détection du Papillomavirus dans les urines ; nous sommes également impliqués dans un projet sur des biomarqueurs dans le cadre de la recherche sur le syndrome anti-phospholipide (SAPL).
LM : Pour finir, si vous deviez citer cinq points forts de la Biobanque de Picardie, quels seraient-ils ?
F.Betsou :
- Nos ressources humaines : une équipe jeune, motivée, flexible et très réactive;
- La diversité de nos collections : biobanque de site, nous avons accès à tous types de collections;
- Notre Système Qualité : 1ère biobanque à avoir obtenu la certification ISO9001:2000 pour les activités de CRB;
- Le statut Association loi 1901 : plus de flexibilité, plus de réactivité, moins de lourdeurs administratives;
- Le soutien du Conseil Régional de Picardie, du Conseil Général de la Somme, d’Amiens Métropole et l'Etat ;
La Biobanque ne pourrait pas se concevoir en dehors du contexte du CHU d'Amiens.